Persécution dans le monde

Égypte: «J'ai survécu par miracle!» dit une chrétienne (22/01/20)

Comment ne pas voir la main protectrice de Dieu? Catherine a frôlé la mort de justesse quand elle a été agressée dans une rue du Caire.

Catherine Ramzy Mikhail, 50 ans, parle lentement. Elle ne dort presque plus depuis le soir de l'agression, vendredi 10 janvier, dans la banlieue du Caire en Égypte. Malgré sa douleur, elle a besoin de partager son histoire.

«J'étais sortie faire des courses dans mon quartier, à Gizeh. Soudain, un homme m'a saisie par derrière. Il a mis sa main gauche sur mes yeux, a levé ma tête et m'a tranché la gorge de gauche à droite en criant: "Allah Akbar! Je vais te massacrer parce que tes cheveux sont découverts". J'ai ressenti une douleur intense au cou. J'ai réussi à me dégager et j'ai placé mon écharpe sur ma blessure. Quand je me suis retournée, l'homme se tenait juste là, me regardant d'un air menaçant.» Catherine est reconnaissante envers les gens du café voisin qui l'ont amenée à l'hôpital et envers ceux qui ont livré l'agresseur à la police.

68 points de suture et un fort traumatisme

Catherine montre des photos impressionnantes et choquantes de sa profonde blessure, qui couvre la moitié de son cou. 68 points de suture ont été nécessaires pour refermer la plaie béante. «Le chirurgien dit que la coupure a sectionné mes muscles et s'est arrêtée à quelques millimètres de ma carotide. C'est un miracle si je suis en vie», reconnaît Catherine. Désormais hors de danger, Catherine reste traumatisée. Ses filles, dont trois sont mariées, sont tellement choquées qu'elles ont peur de retourner dans la rue. Catherine avoue que son moral est très mauvais:

«Je ne peux pas oublier ce qui m'est arrivé. Je ne me sens plus en sécurité. Je me sens tellement mal. S'il vous plaît, priez pour moi!»

Un extrémiste récidiviste

L'agression a été enregistrée par une caméra située de l'autre côté de la rue. Les images montrent comment l'homme, vêtu de la robe traditionnelle souvent portée par les extrémistes, regarde la souffrance de Catherine sans fuir. En 2017, cet homme avait attaqué de la même manière une autre chrétienne, Mary Gamil, dans ce quartier. Mary Gamil a également survécu de justesse à l'attaque, mais l'extrémiste a été libéré peu après le crime car la police l'a déclaré malade mental et l'a relâché. Catherine pense que ce n'est pas son état mental qui pose question. Elle demande que justice soit faite, pour que personne ne vive ce qu'elle a subi:

«Il s'agit d'une attaque terroriste. C'est un extrémiste qui agit selon ses convictions. S'il se retrouve à nouveau dans la rue, il va répéter son crime et d'autres femmes en seront victimes.»

Ce n'est pas la première fois que des auteurs de crimes contre des chrétiens sont déclarés comme malades mentaux afin de les libérer. Sous l'influence de prédicateurs extrémistes, ils disent que tuer une personne qui ne suit pas les règles islamiques (comme le port du voile) est une victoire pour l'islam. De ce fait, les chrétiennes subissent la forte pression du code vestimentaire.

L'Égypte, qui compte environ 10% de chrétiens, occupe le 16e rang du classement 2020 des pays où les chrétiens sont le plus persécutés.

Index 2020: les chrétiens de ces trois pays ont vraiment besoin de prières

Corée du Nord, Afghanistan, Somalie. Trois pays très différents avec un point commun: les chrétiens y vivent sous une persécution extrême. Prions pour eux en particulier.

La Corée du Nord, l'Afghanistan et la Somalie sont les pays où les chrétiens subissent les plus graves persécutions aujourd'hui. 
C'est ce qu'indique l'Index Mondial de Persécution des Chrétiens 2020 qui parait aujourd'hui. Il recense les 50 pays où les chrétiens sont le plus persécutés en raison de leur foi.

1er rang: Corée du Nord

Nulle part au monde, la persécution des chrétiens n'est aussi brutale et impitoyable qu'en Corée du Nord, en tête de l'Index depuis 2002. Le pays est dirigé d'une poigne de fer par la famille Kim depuis 1948. Le culte de leur personnalité ne laisse pas la moindre place à une autre religion. Les 300.000 chrétiens qui y survivent doivent garder leur foi secrète, et même les parents ne peuvent pas en parler à leurs enfants tant qu'ils n'ont pas l'âge de comprendre le danger que cela implique. Le simple fait de posséder une bible peut vous envoyer en camp de travail. Malgré cela, non seulement l'Église nord-coréenne survit, mais elle est en croissance constante.

2e rang: Afghanistan

Les rares chrétiens étrangers ont quitté le pays et les chrétiens afghans sont tous issus d'un arrière-plan musulman. Ils vivent sous la menace permanente de l'extrémisme islamique, auquel s'ajoutent les rivalités ethniques, la corruption et la criminalité. Tout chrétien découvert est un déshonneur pour sa famille, qui n'hésitera pas à le faire disparaître. S'il s'agit d'un commerçant par exemple, sa boutique sera détruite. Dans un tel contexte, les quelques milliers de chrétiens afghans s'entourent du plus grand secret pour vivre leur foi. Les contacts sont rares, mais un Afghan de la communauté chrétienne, totalement clandestine, affirme:

«Nous n'avons pas peur. Nous sommes forts et pleins d'espérance. Nous savons que Jésus reviendra. C'est pour cela qu'il y a tant de souffrance et tant de persécution.»

3e rang: Somalie

Selon la Constitution, l'islam est déclaré religion d'État. Toute conversion au christianisme est donc illégale. Quitter l'islam équivaut à commettre une trahison impardonnable envers la famille et le clan. Les islamistes radicaux (shebabs) ont déclaré publiquement vouloir débarrasser le pays de tous les chrétiens. Ils s'appuient sur les clans qui structurent la société somalienne pour obtenir le moindre renseignement sur d'éventuels chrétiens afin de les éliminer sans merci et en toute impunité. En Somalie, la vie des chrétiens dépend de leur prudence. Les quelques centaines de chrétiens sont le plus souvent isolés. Rares sont ceux qui parviennent à se réunir en petits groupes pour partager leur foi et s'encourager les uns les autres.

Qu'il soit Nord-Coréen, Afghan ou Somalien, chaque chrétien qui vit dans un contexte de persécution extrême est précieux devant Dieu. Nous qui pouvons prier en toute liberté, gardons dans notre cœur en particulier nos frères et sœurs de ces nations.

Tadjikistan: le pasteur Kholmatov libéré (08/01/2020)

Bahrom Kholmatov attendait 2020 avec impatience: il devait être libéré au printemps. Contre toute attente, il a retrouvé la liberté trois mois plus tôt!

«Bonne année 2020!» L'expression des vœux prend un sens encore plus profond dans le cœur du pasteur Bahrom Kholmatov. Oui, 2020 sera bien meilleure que 2019, 2018 et 2017! Et pour cause: il purgeait une peine de prison à 350 km de sa famille. À sa grande surprise, sa détention a pris fin le 18 décembre 2019, sans explication. Lorsqu'il a franchi la porte de la prison, Bahrom a tout de suite laissé éclater sa joie et sa reconnaissance:

«Je voudrais exprimer mon immense gratitude à toutes les personnes qui m'ont soutenu et qui ont prié pour moi, ma famille et mon église.»

Encouragé par vos prières et par vos lettres

Portes Ouvertes avait lancé une campagne «Écrivez-leur» en faveur de Bahrom. Son épouse avait reçu des cartes d'encouragement collectées dans le monde entier. Et vous aviez été nombreux à prier pour lui pendant sa détention.

«Pendant ces trois années, j'ai senti vos prières. Elles m'ont aidé à me tenir debout, elles ont aidé ma femme et mes enfants, elles ont aidé les membres de mon église qui se sont retrouvés sans pasteur, puis ont été chassés de notre bâtiment par les autorités. Vos prières nous ont aidés à tenir bon à travers toutes ces difficultés et à grandir spirituellement. Merci de tout mon cœur!» a ajouté Bahrom.

Famille, église et amis menacés

Bahrom Kholmatov, 42 ans, a été arrêté en 2017 lors d'un raid musclé de la police secrète dans l'église dont il est le pasteur. Il a été condamné pour «extrémisme et incitation à la haine religieuse» sur la base de cantiques dont les paroles «appellent le peuple à renverser le gouvernement» selon l'interprétation des autorités. Celles-ci ont menacé sa famille, ses amis et les autres membres de l'église s'ils révélaient des détails sur l'affaire, le procès ou l'emprisonnement. Bahrom lui-même avait été placé en isolement et seule son épouse était autorisée à lui rendre visite.