Persécution dans le monde

Burkina Faso: prière urgente pour nos frères et sœurs (19/02/20)

La vague d'attaques terroristes continue de déferler sur le Burkina Faso. Les chrétiens sont des cibles privilégiées. Prions instamment pour eux.

Menacés par tant de haine, nos frères et soeurs du Burkina Faso ne peuvent compter que sur le secours de Dieu. Et nos prières, associées aux leurs, seront un grand encouragement pour eux.

La dernière attaque a eu lieu dimanche 16 février dans le village de Pansi, en plein culte. Les assaillants ont fait irruption dans l'église protestante du village et ont tiré. Au moins 24 personnes ont été tuées dont un pasteur et 18 autres ont été blessées. Plusieurs personnes on été enlevées. C'est dire combien de familles ont vraiment besoin d'être entourées dans leur désarroi.

Les chrétiens spécifiquement visés

Le mode opératoire des extrémistes islamiques est maintenant bien connu. Par petits groupes, des hommes armés arrivent soudain à moto et se dispersent dans les rues, autour d'une église ou de la place d'un village. Ils identifient les chrétiens (port des vêtements, objets, prénom...) et les mettent à part. Certains sont abattus sur le champ, d'autres sont enlevés dans des voitures arrivées entre temps. Avant de prendre la fuite, les assaillants pillent de la nourriture et de l'eau, détruisant au passage le réseau téléphonique local. Ils peuvent ensuite facilement se cacher dans le «Parc National du W», une zone forestière protégée de près d'un million d'hectares à cheval sur le Burkina Faso, le Niger et le Bénin.

La terreur risque de s'installer durablement

Ces attaques imprévisibles et l'étendue de la région géographique ciblée créent un climat de terreur intense pour la communauté chrétienne. Notre source constate:

«Les chrétiens n'osent pas parler, craignant d'être pris pour cible. Ils demandent notre soutien dans la prière.»

Tout peut basculer soudainement, comme à Sebba, dans la nuit du 10 au 11 février. Le diacre Lankoandé Babilibilé a été abattu, puis sa voiture a été utilisée par les meurtriers pour enlever le pasteur Omar Tindano, ses deux filles, son fils et deux neveux. Les filles ont été relâchées, mais Omar, son fils et ses neveux ont été tués. Notre collaborateur fait un constat alarmant:

«Les chrétiens sont dévastés et ne savent pas comment faire face à toute cette violence.»

Nous ne pouvons pas imaginer les blessures émotionnelles de ces familles, mais nous pouvons prier. Nous ne pouvons pas décrire le traumatisme psychologique de ceux qui survivent à de telles attaques, de ceux qui se remettent difficilement de leurs blessures physiques, mais nous pouvons nous tenir à leurs côtés dans la prière.

Depuis 2018, la violence et l'insécurité ont déjà déplacé près de 600.000 personnes, et plus de 300.000 élèves sont déscolarisés. Autrefois réputé pour sa tolérance religieuse, le Burkina Faso est entré directement cette année au 28e rang de l'Index Mondial de Persécution des Chrétiens 2020.

40 chrétiens innocents libérés de prison au Pakistan (12/02/20)

Faussement accusés de meurtre, 40 chrétiens pakistanais viennent d'être acquittés après 5 ans de prison.

Faussement accusés de meurtre, 40 chrétiens pakistanais viennent d'être acquittés après 5 ans de prison.

Ces 5 années passées en prison ont été un cauchemar pour ce groupe de 42 chrétiens condamnés pour meurtre au Pakistan. Deux d'entre eux sont morts en détention, faute de soins. Le 29 janvier dernier, la Haute Cour de Lahore a prononcé son verdict: acquittés! Cette liberté retrouvée marque aussi le début d'une autre conquête: celle de la reconnaissance en tant que citoyens à part entière. L'un d'eux déclare:

«Nous pensons à nos deux frères décédés en prison. Leur mort a agi comme un catalyseur, un pont de plaidoyer pour passer à l'action et à la justice. Sans eux, notre libération n'aurait pas eu lieu.»

Un long chemin pour surmonter l'injustice

En 2015, les chrétiens de Yohanabad avaient été en colère au lendemain des deux attentats suicides contre leurs églises (17 morts et 80 blessés), mettant en cause l'inaction de la police locale à protéger ces lieux de culte. Cette colère s'était répandue de façon incontrôlable, provoquant des émeutes où deux musulmans suspectés d'être impliqués dans ces attaques avaient été tués par la foule. Les médias pakistanais se sont emparés de la nouvelle et ont attisé l'animosité envers la communauté chrétienne. C'est dans ce contexte que les 42 chrétiens avaient été arrêtés et jugés pour meurtre.

Pendant leur détention, ces chrétiens ont dû conclure un accord financier avec les familles des deux victimes pour lever toute objection à leur acquittement. Selon la loi pakistanaise, c'est une étape incontournable avant de permettre à la justice de se prononcer.

En mai 2017, il est apparu que le procureur adjoint avait dit aux 40 chrétiens qu'ils seraient libérés s'ils se convertissaient à l'islam. Il a ensuite été reconnu coupable de prosélytisme et suspendu. L'affaire avait provoqué des remous dans l'appareil gouvernemental.

«Aujourd'hui, alors que nous rendons grâce à Dieu, nous ne pouvons pas oublier les réalités brutales que nous avons vécues. Le chemin vers la guérison physique, émotionnelle et spirituelle qui nous attend est long»,

reconnaît un chrétien libéré, «Priez pour que les bonnes personnes soient placées à nos côtés».

Vers un changement de mentalité ?

En mai 2018 déjà, le sénateur Farhatullah Babar avait soulevé l'affaire en demandant l'abandon des accusations de terrorisme contre les chrétiens arrêtés: «Il y a trois ans, deux églises ont été visées à Youhanabad, entraînant la mort de nombreux citoyens chrétiens. Les habitants de la région ont organisé des manifestations pour condamner la mort de leurs concitoyens, comme c'est leur droit. Or, ces personnes croupissent en prison!» Par la suite, la commission spéciale du Sénat pakistanais sur les droits de l'homme avait déclaré que «les accusations de terrorisme contre les chrétiens arrêtés devraient être abandonnées et qu'ils devraient être jugés par des tribunaux civils». Entre temps, l'impact médiatique autour de la libération d'Asia Bibi a certainement influencé l'attitude des autorités. Un haut fonctionnaire a même déclaré:

«Nous sommes tous prêts à mettre fin à la mentalité extrémiste et à diriger le pays vers une société tolérante et modérée.»

Un écho positif aux chrétiens pakistanais, traités comme des citoyens de seconde classe? «Nous aimerions que le gouvernement accorde aux chrétiens la place et le droit qui leur reviennent», espèrent-ils. 

Laos: le pouvoir de la louange face à la persécution (05/02/20)

La louange et l'adoration permettent de relever les plus grands défis. De jeunes Laotiens en ont fait l'expérience et veulent servir l'Église persécutée avec zèle.

Dieu nous demande de le louer en toutes circonstances. C'est ce qu'à fait toute une communauté chrétienne au Laos, alors qu'un drame venait de se produire. Ouk (pseudonyme) avait 12 ans et s'en souvient parfaitement: «J'ai vu le corps d'un chrétien étendu devant notre église. Il avait été emmené dans la forêt et tué par la police. L'homme venait de rentrer chez lui après ses études dans une école biblique en Thaïlande.» Mais bien plus que cette image forte, Ouk âgé maintenant de 26 ans retient surtout l'attitude des chrétiens à ce moment-là:

«Devant le corps sans vie de ce frère, j'ai vu comment notre église adorait Dieu sans relâche, forte dans sa foi, en continuant à louer Dieu malgré le drame.»

Le déclic, grâce à la louange

Ce fut le déclic pour Ouk, qui a alors décidé de s'engager pour Christ.
Il avait été exposé aux réalités de la persécution dès son plus jeune âge. «Je n'ai pas vu mon père avant l'âge de sept ans. Il était en prison parce qu'il avait partagé l'Évangile. Je voulais vraiment devenir un voyou pour venger mon père, mais Dieu a changé mon cœur. Il m'a dit de partager aussi l'Évangile. Dieu ne voulait pas que je sois un délinquant, mais un modèle», dit-il.

La persécution n'a pas pris fin. Aujourd'hui encore de nombreux chrétiens sont harcelés à cause de leur foi en Christ. Somphong (pseudonyme) rapporte: «Un groupe de chrétiens coréens est venu dans notre église. Ils ont prié avec nous et nous avons fait beaucoup d'activités ensemble. Mais quand nos voisins bouddhistes l'ont su, ils sont venus avec les autorités locales. Ils ont confisqué les passeports des Coréens et ils les ont arrêtés. Quand vous êtes opprimé et qu'ensuite vous jouez, la musique calme votre douleur. Elle vous donne envie d'adorer Dieu davantage.» Pern (pseudonyme), dont l'église a été fermée par le gouvernement il y a 5 ans, fait le même constat:

«J'ai remarqué que les chants de louange rendent les gens heureux et les attirent vers Dieu.»

La louange: une force de résistance

Ouk, Pern et Somphong ont fait l'expérience de la difficulté à exprimer leur foi dans leurs villages. Et cela les rend encore plus zélés pour aller vers les autres et partager l'Évangile. Comme ils sont dotés d'une jolie voix ou de mains habiles pour jouer d'un instrument, ils ont bénéficié d'une formation organisée par le partenaire de Portes Ouvertes au Laos avec d'autres chrétiens dynamiques de 14 à 30 ans. Vos prières et votre soutien leur ont permis de réaliser leur rêve: développer leurs compétences en tant que conducteurs de louange. Ils sont impatients de servir l'Église à travers la musique et le chant, convaincus que la louange est une force de résistance lorsque la persécution et les difficultés menacent.

En 2020, le Laos, situé au 20e rang des pays où les chrétiens sont le plus persécutés, est un pays communiste d'Asie du Sud-Est. Le pouvoir utilise les responsables bouddhistes pour surveiller la population et notamment les 3% de chrétiens qui la composent.