Persécution dans le monde

Comment une église en Chine a su s'adapter au confinement (18/03/20)

Contre toute attente, l'interdiction de se rassembler pendant l'épidémie de coronavirus a fortifié les membres de l'église du pasteur Huang en Chine. Les personnes âgées et les handicapés ont été particulièrement encouragés.

Contre toute attente, l'interdiction de se rassembler pendant l'épidémie de coronavirus a fortifié les membres de l'église du pasteur Huang en Chine. Les personnes âgées et les handicapés ont été particulièrement encouragés.

Les frontières se ferment, les entreprises ajustent leurs plans, les actions boursières s'effondrent, les gens restent chez eux et les églises sont vides. L'impact du COVID-19 se fait sentir partout dans le monde. Doit-on s'en effrayer ou s'approcher un peu plus près de Dieu?

L'Église en ligne, c'est aussi l'Église!

Le pasteur Huang Lei dirige une église à Wuhan, en Chine, une région qui a été l'épicentre de la pandémie de COVID-19. Il explique comment l'Église locale s'est adaptée à cette situation: «L'assemblée s'est fragmentée en plus de 50 petits groupes qui se réunissent via internet. Ils prient, étudient la Bible, témoignent, louent et adorent. Maintenant que nous sommes à la maison, nous avons plus de temps libre.» Il ajoute:

«Ces moments de partage en ligne sont plus fréquents que nos rencontres habituelles et notre vie d'église est plus intense.»

Le pasteur Huang Lei constate que les personnes âgées ou handicapées sont très encouragées par ces réunions connectées: «Avant, elles se sentaient seules et délaissées. Maintenant, elles chérissent plus que jamais le lien fraternel. Alors, petit à petit, elles ont commencé à se lancer activement dans les réunions de prière en ligne.»

«Ne laissons pas une bonne crise se perdre»

Les deux pasteurs de cette église de Wuhan se rendent tous les jours dans les locaux, à tour de rôle. Ils y effectuent leur travail et enregistrent des vidéos qui sont publiées sur le site de l'église. «Les frères et sœurs sont grandement encouragés par ces messages. La prédication est suivie par de nombreuses autres églises en Chine. Elle leur apporte également du réconfort. En même temps, nous suggérons à nos diacres de faire des vidéos chez eux, pour apporter un soutien à nos frères et sœurs. L'épidémie n'a donc pas réduit nos réunions. Au contraire. Beaucoup de chrétiens prennent part à la communication avec les autres pour partager et s'encourager mutuellement. Le virus ne peut pas nous arrêter. Ne laissons pas une bonne crise se perdre», s'enthousiasme le pasteur Huang Lei.

Plus proches des chrétiens persécutés

Cette crise virale que nous traversons est peut-être l'occasion d'affermir notre foi et notre position de chrétiens dans la société comme au sein de l'Église. Utilisons ce temps pour nous approcher davantage de Dieu. Il aime ceux qui s'ouvrent à lui et qui veillent sur les personnes faibles et vulnérables. Sachons regarder cette crise virale à travers des «lunettes célestes» pour ressembler davantage à Jésus. Utilisons cette période pour nous rapprocher par la prière de nos frères et sœurs persécutés. En plus de la persécution et des difficultés quotidiennes, ils sont eux aussi confrontés à l'épidémie. 

Iran: Ramiel Bet-Tamraz est libre! (04/03/20)

Ramiel, chrétien assyrien et fils du pasteur Victor Bet-Tamraz, a été libéré plus tôt que prévu. Il n'aura pas à retourner en prison pour purger le reste de sa peine.

C'est sa sœur, Dabrina Bet-Tamraz, qui a annoncé cette bonne nouvelle le 27 février. Ramiel purgeait une peine de quatre mois de prison pour avoir participé à des réunions d'église de maison. Il avait déjà effectué un mois de détention en 2019 avant d'être convoqué en janvier pour purger le reste de sa condamnation.

Un effet de l'épidémie de coronavirus ?

Quelques jours auparavant, Ramiel avait appris qu'il serait vraisemblablement libéré le 22 mars, pour le début du Nouvel An persan, soit un mois environ avant la date prévue. Un certain nombre d'autres prisonniers purgeant des peines de courte durée auraient également été libérés, l'Iran cherchant à combattre la propagation du coronavirus. Dans ce contexte sanitaire, l'État craint que ses prisons surpeuplées ne connaissent une épidémie.

Peu avant la libération de son frère, Dabrina a déclaré qu'il était de bonne humeur et qu'il avait eu l'occasion de prier avec d'autres prisonniers chrétiens tels que Youssef Nadarkhani et Nasser Navard Gol-Tapeh.

Toute une famille sous pression

Ramiel avait été arrêté en août 2016 avec quatre autres chrétiens qui pique-niquaient dans les montagnes au nord-est de Téhéran. Ils avaient été détenus dans la prison d'Evin, à Téhéran, pendant plusieurs semaines. Dans un premier temps, Ramiel a été accusé de soutenir les activités de son père et d'avoir organisé des «réunions d'église illégales». Il a finalement été condamné en juillet 2018 à quatre mois de prison pour «propagande contre le système» vu son appartenance à une église de maison.

Victor Bet-Tamraz, son père, était le pasteur de l'Église pentecôtiste assyrienne de Téhéran, la dernière église assyro-iranienne à tenir des services en langue persane avant sa fermeture forcée en 2009. Après cela, le couple pastoral a organisé des réunions à domicile. Victor Bet-Tamraz a été condamné à dix ans de prison et sa femme, Shamiram Issavi, à cinq ans. Ils sont en liberté sous caution, dans l'attente de l'issue de leurs appels, depuis près de trois ans. Victor a été reconnu coupable de «conduite d'évangélisation et d'activités illégales d'église de maison», des charges équivalant à des «actions contre la sécurité nationale».

Le 27 juin 2018, Dabrina Bet-Tamraz qui vit désormais en Europe avait plaidé la situation de sa famille et des chrétiens iraniens devant le Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU à Genève. Parlant au nom de l'Alliance Évangélique Mondiale, elle avait déclaré:

«Les chrétiens iraniens ne sont pas des terroristes. Nous aimons notre pays et nous prions pour nos autorités.»

En Iran, de très nombreuses personnes se tournent vers la foi chrétienne malgré la répression des autorités.

Coronavirus: qu'en est-il de la Corée du Nord? (26/02/20)

La Corée du Nord est-elle affectée par le coronavirus? Les chrétiens seraient parmi les plus vulnérables si une épidémie se déclenchait.

Apparu en Chine, le coronavirus est un meurtrier invisible qui s'est propagé dans différents pays. Qu'en est-il de la Corée du Nord?

Des personnes mises en quarantaine

Si dans la plupart des pays les autorités sanitaires informent la population et prennent des mesures de prévention, il n'en va pas de même dans l'opaque Corée du Nord.

Officiellement, le pays n'a confirmé aucun cas d'infection. Mais la province de Pyongyang-Nord a signalé le 7 février que cinq personnes sont mortes après avoir souffert de fortes fièvres dans des hôpitaux de Sinuiju, près de la frontière chinoise. L'État a nié que leur mort était due au coronavirus. Toutefois, le ministère nord-coréen de la santé publique laisse entendre que des personnes soupçonnées d'être infectées, avec une fièvre ou une toux, sont mises en quarantaine et traitées.

Les frontières avec la Chine sont fermées

La Corée du Nord a décidé de fermer sa frontière avec la Chine pour éviter l'épidémie. La présence militaire renforcée empêche le passage de nourriture, de médicaments, et de matières premières nécessaires au fonctionnement des usines. Les prix flambent. Le travail de Portes Ouvertes en faveur des chrétiens nord-coréens est affecté.

Si l'épidémie se confirmait en Corée du Nord, l'impact serait beaucoup plus grave qu'en Chine voisine. Sans installations sanitaires ni de médicaments en quantité suffisante, la Corée du Nord n'est pas en mesure de fournir un traitement médical d'envergure.

Un pays mal préparé

Déjà la pénurie se fait sentir. Un ancien diplomate nord-coréen a déclaré:

«Même les élites doivent rationner les médicaments lorsque des maladies contagieuses éclatent.»

De plus, le classement de la population en groupes sociaux, appelé «songbun», crée un obstacle. Les citoyens étiquetés «loyaux» (28 %), «indécis» (45 %) ou «hostiles» (27 %) ne sont pas traités à égalité dans le domaine de la santé, du travail, et même de leur alimentation. Les chrétiens, au nombre de 300.000 font partie du dernier groupe, considéré comme ennemi du régime. On estime que plusieurs dizaines de milliers sont enfermés en camps de concentration. En cas d'épidémie, ils ne peuvent espérer aucun soin.

Dans un passé récent, le choléra et le SRAS ont causé la mort de nombreuses personnes vulnérables. Timothy Cho (pseudonyme), qui a survécu et a fui son pays, se souvient:

«J'étais l'un de ces enfants des rues infectés par le choléra. J'attendais la mort, sans nourriture ni aucun soin.»

Les partenaires de Portes Ouvertes aident 60.000 chrétiens nord-coréens avec de la nourriture et de l'aide de première nécessité. Ils diffusent également des programmes de radio chrétiens et gèrent des maisons de refuge à la frontière chinoise pour ceux qui peuvent s'échapper du pays.