Persécution dans le monde

Inde: libérés sous caution après 11 ans de prison (04/12/19)

Ils ont enfin pu pousser les portes de la prison. Cinq chrétiens faussement accusés de meurtre ont été libérés sous caution après 11 ans derrière les barreaux.

«C'est le plus beau jour de ma vie», s'est écriée Rutha, l'épouse de Gornath, en serrant un bouquet de fleurs dans ses mains. Les familles attendaient avec impatience, rassemblées pendant des heures depuis le matin devant la prison de Phulbani (district de Kandhamal). Lorsque la porte de fer s'est enfin ouverte, les cinq détenus ont reçu un accueil émouvant. Les larmes ont jailli de part et d'autre.

Enfin libres... ou presque

Après 11 ans de détention, les 5 chrétiens ont été mis liberté sous caution par la Cour suprême en raison de l'absence de preuves. «Lorsque nous avons été condamnés (en 2013), ce fut un choc. C'était très stressant pour moi quand je me suis retrouvé derrière les barreaux pour meurtre, alors que j'étais innocent», a déclaré Gornath qui ajoute:

«Je remercie Dieu pour la liberté. Ma joie n'a pas de mots.»

Ces années ont aussi été volées à son épouse et à ses quatre enfants, qui ont dû apprendre la patience tout en traversant des périodes de découragement et de privations. «Je n'ai que peu de souvenirs de notre père», fait remarquer Shisir, 17 ans, qui a terminé ses examens il y a deux mois. «Mais maintenant, c'est un jour de grande joie. Papa va être avec nous.»

Réclusion à perpétuité

Les cinq hommes libérés faisaient partie des sept chrétiens appréhendés et arrêtés au hasard en 2008 par les extrémistes hindous dans l'État d'Odisha (ancien Orissa). Deux d'entre eux ont été libérés en mai 2019. Sept chrétiens innocents condamnés à la réclusion à perpétuité par la Haute Cour en octobre 2013 pour de fausses accusations d'implication dans le meurtre de Swami Laxmanananda Saraswati. L'incident a conduit aux émeutes des groupes Hindutva qui ont incendié environ 300 églises, attaqué 6.000 maisons et tué plus de 100 chrétiens en août 2008. 

Inde: malgré les attaques beaucoup se tournent vers Jésus (27/11/19)

En Inde, les chrétiens sont de plus en plus persécutés en raison de la politique nationaliste du gouvernement. Mais cela n'empêche pas de nombreux Indiens de se tourner vers Jésus.

Le pasteur Ramsu Damor et sa famille ont été expulsés de chez eux sans pouvoir rien emporter. Son épouse a été molestée par son jeune frère. Cependant, il est inébranlable dans sa foi et est prêt à persévérer pour Christ. Voici ce qu'il dit:

«Je continuerai à marcher dans la foi jusqu'à mon dernier souffle, même si le monde entier choisit de s'opposer à moi.»

En Inde, les chrétiens sont de plus en plus persécutés en raison de l'influence de la politique nationaliste du gouvernement. Mais cela n'empêche pas de nombreux Indiens de se tourner vers Jésus, ce qui agace les partis extrémistes hindous. Les chrétiens qui parlent de leur foi sont considérés comme des agents de pays étrangers qui attirent les gens par l'argent ou des avantages matériels.

C'est ce qui est arrivé à Ravi, un chrétien de 65 ans: «Le journal local m'a accusé à tort de vouloir attirer des gens au christianisme par des moyens déloyaux. Deux fois, j'ai été brutalement battu et des extrémistes ont tenté d'incendier ma maison. J'étais terrifié, mais heureusement, ils n'y sont pas parvenus. Ils m'ont cependant menacé de nouvelles violences si je continuais à témoigner.»

Dans le Sud de l'Inde, la violence contre les rassemblements chrétiens augmente plus rapidement que dans la plupart des autres régions.

Les menaces se durcissent

Les attaques contre les églises ont commencé par des jets de pierres visant les bâtiments, pour intimider les chrétiens. Au fil de ces dernières années elles sont devenues plus fréquentes et plus graves. Face aux incendies d'églises qui mettaient leur vie en péril, les chrétiens ont construit des salles de culte plus discrètes. Mais les autorités ont réagi. «Le gouvernement a imposé des restrictions sur les permis de construire et l'utilisation de ces salles», témoigne l'un de nos partenaires qui poursuit: «Dans de nombreux districts, des instructions officielles interdisent les réunions dans les maisons. Nous n'avons plus aucune protection!», dit-il.

Des centaines d'incidents confirment ce constat. Lorsqu'une attaque survient au domicile des chrétiens, la police ne fait rien, même s'il y a des blessés.

Préparés à la persécution

Comme la persécution augmente fortement, les partenaires de Portes Ouvertes multiplient les séminaires de préparation à la persécution. Ravi en a bénéficié :

«Cette formation m'a tellement touché que j'essaie d'y faire venir les nouveau convertis. Ce sont eux qui rencontrent la plus grande opposition.»

Les séminaires servent à comprendre la persécution d'un point de vue biblique, mais aussi à diffuser des connaissances juridiques. Les chrétiens sont souvent arrêtés par la police ou agressés par des extrémistes hindous. S'ils sont au courant de leurs droits de citoyens indiens, ils peuvent, au moins dans certains cas, revendiquer une protection. Ravi confie encore:

«J'ai subi beaucoup d'interrogatoires, mais la police n'avait jamais de motif suffisant pour m'arrêter. Je n'ai jamais abandonné ma foi ni mon ministère, car Dieu m'a donné des forces.»

Quant au pasteur Ramsu Damor, il a reçu une aide financière pour louer un nouveau logement où s'installer avec sa famille. 

Iran: cinq chrétiens rejugés aujourd'hui. Prions! (13/11/19)

Nos frères et sœurs iraniens demandent la prière pour l'audience en appel prévue aujourd'hui. Les sentences prononcées contre cinq chrétiens vont être réexaminées.

Les 5 chrétiens accusés sont tous des croyants d'arrière-plan musulman. Au delà des accusations juridiques prononcées contre eux, c'est bien leur foi en Christ qui leur est reprochée et le fait d'avoir quitté l'islam. L'audience qui aura lieu aujourd'hui regroupe 3 affaires qui mettent les accusés à rude épreuve depuis plusieurs années. Les peines encourues sont très sévères.

  • La première concerne le pasteur assyrien Victor Bet Tamraz et 2 chrétiens d'arrière-plan musulman, Amin Nader Ashfari et Kavian Fallah Mohammadi, arrêtés lors d'une célébration de Noël en décembre 2014.
  • La deuxième affaire implique encore Amin Nader Ashfari, interpellé de nouveau en août 2016 avec Hadi Asgari, un converti de l'islam, et trois autres chrétiens.
  • La troisième affaire vise Shamiram Issavi Khabizeh, l'épouse du pasteur Bet Tamraz, déjà convoquée par les autorités en juin 2017. C'est lors d'une audience en appel au sujet de Shamiram, le 19 février 2019, que le juge Ahmed Zargar a décidé de combiner son cas aux autres affaires. La nouvelle audience prévue le 3 septembre a été reportée parce que le juge ne s'était pas présenté.

Shamiram a été condamnée en janvier 2018 à 5 ans d'emprisonnement pour «action contre le régime en organisant de petits groupes, en fréquentant un séminaire à l'étranger et en formant des dirigeants religieux et des pasteurs à agir comme espions». Son mari le pasteur Victor Bet Tamraz avait été condamné en juillet 2017 à 10 ans d'emprisonnement pour «avoir agi contre la sécurité nationale». Il est depuis placé en isolement. La même accusation avait été portée à l'encontre de Amin, Hadi et Kavian, condamnés à des peines de 10 à 15 ans d'emprisonnement.

De nombreux Iraniens se tournent vers la foi chrétienne. Le gouvernement, inquiet de toutes ces conversions, traque celles et ceux qui osent se tourner vers Christ, mais n'arrive pas à endiguer ce mouvement de réveil spirituel.